Les abstentionnistes votent Sarko !

Publié le par Hervé Pugi

Vote sanction ou pas ? Chacun interprétera ce qu’il veut des résultats de ces municipales dimanche soir. Mais certains ont déjà fait la leur. Nicolas Sarkozy, car il s’agit de lui, en est certain. Il n’y a pas eu de vote sanction car il y a eu beaucoup d’abstentions… Ces propos, rapportés par le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, démontrent en tout cas que celui qui a voulu la « politisation » de ces élections n’aura pas de scrupules à passer outre les résultats sortis des urnes. Une position bien étrange de la part du chef de l’Etat qui avait pourtant assuré le 16 mars qu’il « tirerait les leçons » du scrutin…

Ainsi donc le président de la République fait siennes les voix muettes. L’abstention –symbole du désintérêt de la vie politique- est devenue –en l’espace d’un conseil des ministres- un acquiescement implicite de la conduite menée par le gouvernement Fillon. Il est toutefois étonnant que parmi toutes les têtes pensantes de la Nation, réunies à Matignon pour l’occasion, aucune n’ait pensé à préciser à M. Sarkozy que si l’abstention n’était pas forcément un désaveu pour lui, il ne saurait être un plébiscite. Dommage…

Bien difficile de dire ce qui prédomine chez les Sarkozystes convaincus. La peur ? La fascination ? L’autosuggestion ? Il semble n’y avoir personne pour tirer la sonnette d’alarme et dire, simplement dire, au chef de l’Etat : « vous êtes humain, tellement humain, qu’il est envisageable que vous soyez faillible ». Personne.

Sarkozy comme Bush

Peu importe le comportement ou les propos tenus par le président de la République, il y a toujours une âme charitable à l’UMP pour justifier l’injustifiable ou qualifier l’inqualifiable. Là où certains partis passent leur temps à rendre impossible la vie de leurs « camarades » de parti, la majorité présidentielle semble avoir décidé de maintenir Nicolas Sarkozy dans son petit cocon d’autosatisfaction en le soutenant à tout prix.

Que la politique demande une certaine discipline de parti, c’est inévitable et souhaitable. Le grotesque du Parti socialiste « rassemblé » autour de Ségolène Royal lors de la campagne des présidentielles fait inévitablement jurisprudence. Il n’empêche que cette discipline à l’UMP semble tourner à une forme de totalitarisme, forcément nauséabonde.

On avait cru le comprendre, nombreux sont ceux qui en sont convaincus aujourd’hui, la « remise en question » est une notion qui n’existe pas dans l’esprit du chef de l’Etat. De la même manière que George Bush est convaincu qu’il peut imposer la démocratie par les armes, Nicolas Sarkozy ne doute pas une seconde qu’il remettra « la France au travail » avec ou sans son consentement. Une force de conviction qui ressemble fort à de l’aveuglement !

En tant qu’abstentionniste convaincu –j’aurai l’occasion de m’en expliquer après les élections-, je suis au regret d’annoncer (et sans passer par un quelconque porte-parole) que –non- je ne soutiens pas la politique du gouvernement. Et plutôt que de se précipiter aux urnes dimanche, comme le demande la décidément si peu charismatique Mme Royal, je conseillerais aux électeurs de rester bien tranquillement chez eux et de laisser ces messieurs de la politique s’écharper tranquillement sur les plateaux télévisés tout au long de la soirée. Ces gens-là n’entendent et ne comprennent que ce qu’ils veulent…

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Publié dans Politique Française

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