Politique internationale

Jeudi 3 avril 2008

La mission humanitaire dépêchée par Paris en début de semaine du côté de Bogota a des airs d’opération désespérée. Plus encore après qu’une agence de presse proche des FARC ait déclaré « d’ingénu » la décision de Nicolas Sarkozy d’envoyer une mission humanitaire sans avoir obtenu d’accord préalable avec les « révolutionnaires » marxistes. Tout en notant que « l’ingénu » en question était un président « de droite » dans « un pays capitaliste » et qu’elle ne savait pas « quelles sont les limites de la sincérité de Sarkozy ». Joli accueil !

Mais le plus étonnant dans cette toute « nouvelle » opération de la dernière chance, c’est le brouillard qui entoure les événements actuels en Colombie. Personne ne doute que la mission demande la plus grande des discrétions. Mais fallait-il alors médiatiser –ou tout juste communiquer- l’envoi du Falcon 50 en Amérique du sud ?

Car le silence radio observé actuellement de part et d’autre de l’atlantique en dit long sur la complexité des affaires en cours. Ainsi, en marge du sommet de l’OTAN, notre Bruce Willis national –Nicolas Sarkozy- a indiqué que oui il avait des nouvelles « mais compte tenu de la sensibilité de cette question, je ne peux en dire davantage ».

Dans le même temps, le président colombien, Alvaro Uribe, a lui tenu à préciser qu’il ne pouvait « rien dire » sur l’état de santé d’Ingrid Betancourt car « n’ayant aucune confirmation sur les mauvaises nouvelles qui ont circulé les semaines dernières ». Des nouvelles que d’autres semblent pourtant avoir : hépatite B, lechmaniose, grève de la faim, refus de se faire soigner…

Partis à « l’aventure »

Du côté du président de la Confédération helvétique, engagée avec la France et l’Espagne dans l’opération, même mystère. Pascal Couchepin évoque « un espoir fort que quelque chose se passe » mais ne veut « rien dire d’autre ». Nous voilà bien avancé.

Dans les faits, l’ambassade de France n'a plus aucun contact avec les rebelles depuis l’élimination de Raul Reyes, le 1er mars dernier. Un état de fait qui a forcé l’ambassadeur Jean-Michel Marlaud à demander l’aide de la sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba.

D’autre part, une source proche du dossier, a indiqué que la France n’avait pour l’instant « pas de réponse des FARC » concernant un éventuel contact. Ajoutant au passage : « Ils partent à l’aventure ». Même son de cloche du côté du Comité international de la Croix-Rouge où l’on indique que « nous avons besoin d’un accord de toutes les parties pour agir ».

Sauveteurs ou pieds nickelés ? A quoi joue-t-on dans la jungle colombienne ? Pourquoi avoir communiquer sur cette mission pour finalement ne rien en dire si ce n’est se prémunir d’une éventuelle mauvaise nouvelle ?

« Nous avons fait tout ce qui a été humainement possible de faire… » N’est-ce pas le message de cette opération ?

Par Hervé Pugi
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Samedi 29 mars 2008

L’opération lancée par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki contre les partisans de l’imam chiite Moqtadar Sadr démontre, si besoin était, combien la présence de la coalition anglo-américaine sur le sol de l’Irak est à double tranchant pour le gouvernement de Bagdad.

La légitimité de l’opération en cours n’est pas discutable. Face à une milice armée qui exige qu’on lui accorde un pouvoir démesuré, le gouvernement d’al-Maliki se devait de réagir. La toute-puissance des Sadristes dans les rues de Bassorah et ses environs peut s’apparenter à un furoncle dans une démocratie en reconstruction réclamant un pouvoir central fort pour éviter de tomber plus encore dans le piège des pouvoirs claniques dans un pays où le schisme religieux alimente déjà par trop la violence.

L’ennui est que cette opération de rétablissement de l’ordre dans le sud du pays perd toute sa crédibilité aux yeux de bon nombre d’Irakiens dès lors que les troupes américaines ou britanniques se mêlent aux affrontements.

Le pouvoir de Bagdad a déjà fort à faire face à une armée du Mahdi bien décidée. Mais il aura encore plus de mal à s’imposer auprès de l’opinion publique, qui l’accuse d’être à la solde de l’occupant, s’il n’est pas capable d’imposer sa volonté par lui-même.

Car si Washington se félicite de l’opération de reprise en main lancée, de son propre chef, par al-Maliki, les événements prouvent qu’à l’heure d’aujourd’hui la toute nouvelle armée irakienne n’est pas capable de faire plier une simple organisation paramilitaire sans le soutien des forces de la coalition internationale. Se pose dès lors plus que jamais la question du calendrier de retrait des troupes occidentales du sol irakien.

Et si Bush avait raison ?

Les raisons qui ont conduit les Etats-Unis –et leurs alliés- à rentrer en guerre contre le régime de Saddam Hussein sont des plus discutables (et discutés). Il n’empêche que retirer les troupes d’Irak, comme beaucoup l’exigent aujourd’hui, serait tout sauf un service rendu à un Etat encore fragile. Penser que l’harmonie régnera dès lors que « l’occupant » quittera le Moyen-Orient est une utopie dangereuse. Après avoir plongé cette région tourmentée dans la guerre, l’abandonner à son sort serait prendre le risque de la voir succomber aux charmes du voisin iranien, à l’affût. Pas vraiment l’avenir que l’on peut souhaiter à une démocratie naissante.

Pour autant, cet allié occidental est pour le moins encombrant, gênant pour un pays qui n’aspire finalement qu’à exister par lui-même. Mais l’Irak a besoin des Etats-Unis. Et pas seulement le gouvernement. Ses opposants aussi !

Ce n’est pas folie que d’avancer que les « résistants » (ou « terroristes ») eux-mêmes ne souhaitent pas forcément un retrait des troupes US et autres. Avec la revendication religieuse, dans un pays où une telle connotation est inévitable, la lutte contre « l’occupant » est la seule justification que beaucoup ont pour semer le trouble dans un pays où l’Etat de droit est plus un concept abstrait qu’une réalité bien concrète. Paradoxe, quand tu nous tiens…

A l’heure où la campagne présidentielle américaine bat son  plein outre-atlantique, la question du retrait des troupes est au centre des débats. Si le Républicain John McCain n’a jamais caché son appui à la présence US en Irak, les candidats démocrates promettent pour leur part un départ rapide des « boys » vers leurs foyers s’ils succèdent à George Bush à la Maison-Blanche.

Un « W » qui, tant qu’il occupera le bureau ovale, refusera obstinément de désengager les Etats-Unis d’Irak. Et, bien que l’aveu soit difficile à faire, c’est sûrement LA « bonne » décision. George Bush a… raison. Oui, vous ne rêvez pas !

George Bush a raison et c’est bien l’une des premières fois…        

Par Hervé Pugi
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Vendredi 28 mars 2008

Article publié dans le journal algérien "Liberté" du 28/03/2008. Intéressant :

Le sommet arabe de Damas, qui s’ouvre aujourd’hui dans la capitale syrienne, se déroule dans un contexte de divisions. Aucun compromis sur le dossier libanais n’a été trouvé entre la Syrie, d’un côté, l’Arabie Saoudite qui a reçu le soutien de l’Égypte, de l’autre. Et entre Syriens et Saoudiens, l’ambiance est carrément à couper au couteau.
Ambiance : Riyad se fait représenter par son ambassadeur auprès de la Ligue arabe, une humiliation pour Bechar Al-Assad, qui se serait contenté du numéro deux saoudien sinon du ministre des Affaires étrangères. Renforcé par la présence confirmée d’au moins dix chefs d’État dont quatre des pays membres du Conseil de coopération du Golfe à Damas, le président syrien a tenté de montrer de l’indifférence à l’égard des voix qui ont appuyé les exigences saoudiennes lesquelles, rappelle-t-on, avaient trait à l’élection d’un président de la République libanaise avant le début du sommet. Ce qui sous-entend que la clef de cette élection était à Damas.
Pourtant, les Arabes avaient cru à une sortie de crise de dernière minute dans le dossier libanais. Plusieurs émissaires avaient fait des navettes entre Damas, Riyad et Le Caire pour tenter d’arrondir les angles et de trouver des dénominateurs communs, même provisoires entre les acteurs du dossier libanais. Rien n’y fit et les Libanais, bien qu’invités par Damas, ont décliné à leur tour l’invitation, créditant d’ores et déjà la rencontre d’échec. Par ailleurs, et c’est une première, le secrétaire général de l’ONU a également annoncé sa défection. Il ne sera pas de la partie. Une partie jouée d’avance avec les pressions des Américains et des Européens.
La visite au Proche-Orient du vice-président américain, Dick Cheney, se révèle un périple pour “tordre le bras” aux pays arabes modérés pour qu’ils boycottent le sommet ou, du moins, ne soient pas représentés par leurs chefs d’État. Washington ne s’est pas empêché d’appeler les pays arabes “à réfléchir” avant de décider de participer au sommet, accusant de nouveau la Syrie d'entraver l'élection du président libanais.
De son côté, le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, devait, lui, tomber à bras raccourcis sur Damas accusé de ne pas faciliter l’élection du général Michel Soleïman à la tête du Liban. La coordination américano-européenne fonctionne à fond.
La Syrie, pour tout argument, a fait appel à “la solidarité arabe”, dénonçant “des ingérences” dans les affaires interarabes. Selon la télévision syrienne, le président Bouteflika, ses homologues des Émirats arabes unis, cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, du Soudan, Omar El-Bechir, du Yémen, Ali Abdallah Saleh, de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de Tunisie, Zine El-Abidine Ben Ali, de Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et les émirs du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah, et du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, ont confirmé leur présence à Damas. Plusieurs d’entre eux, dont Abdelaziz Bouteflika, sont préoccupés au plus haut point par les conséquences d’un échec du sommet.
La Syrie, à leurs yeux, reste un partenaire incontournable aussi bien en Irak, en Palestine qu’au Liban, et que ces dossiers explosifs sont susceptibles de déstabiliser davantage la région, voire le monde arabe dans son ensemble.
Tel qu’il se présente, qu’attendre alors du sommet de Damas ? Pas grand-chose pour les grands journaux de Riyad, du Caire et de Beyrouth. La voix de Moubarak, Al-Ahram, a même renchéri : “Ce sommet sera celui qui consacrera les divergences arabes au lieu d'être un sommet de l'unité arabe !”

Par Hervé Pugi
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Samedi 8 mars 2008

250px-Flag_of_the_Basque_Country_svg.png L’assassinat d’Isaias Carrasco par l’ETA, ancien conseiller municipal de Mondragon, a remis sous les feux de l’actualité l’ahurissante question de la lutte indépendantiste dans le monde occidental. La trajectoire d’Euskadi Ta Askatasuna (Pays basque et liberté) est typique du groupe armé qui –bien que sachant son action vaine et infondée- ne sait plus comment sortir de la spirale de la violence.

Fondé en 1959, l’organisation terroriste d’inspiration marxiste a tout d’abord jouit d’une certaine popularité dans l’Espagne tout entière pour son opposition au régime dictatorial du général Franco. Le Franquisme « disparu », malgré quelques relents de nostalgie chez certains, en 1982 l’ETA « politico-militaire » s’auto-dissolvait aux termes de pourparlers entre le gouvernement central espagnol et les dirigeants basques. Amnistie pour les membres poursuivis ou emprisonnés en contrepartie de l’arrêt du terrorisme. Tel était le deal. Celui-ci aurait du mener l’ETA à muter en un structure politique démocratique à part entière qui aurait pu défendre ses opinions et les soumettre au bon vouloir du peuple basque. Traitrise fut la réaction d’une poignée d’extrémiste qui, preuve de leur ouverture d’esprit, n’hésitèrent pas à faire assassiner certains de leurs anciens camarades de retour d’exil.   

Depuis, l’histoire de l’ETA est jalonnée de bombes et d’assassinats politiques sans fondement. Car, avec le temps et l’accumulation des exactions, les intégristes ne bénéficient plus vraiment d’un soutien populaire dans leur propre région même.

C’est que le peuple basque, hormis quelques exaltés,  sait à quoi s’en tenir. Et l’exécution de Carrasco, sous les yeux de sa femme et de sa petite fille, de plusieurs balles tirées… dans le dos, en dit long sur les pratiques et la conscience de tels individus (qui jusqu’à ce jour non pas même eu les « cojones » de revendiquer leur crime).

Quelle oppression ?

Ceux-là même qui appelaient, il y a peu, au boycottage des élections de dimanche pour protester contre « l’oppression » de l’Etat envers les « indépendantistes » basques ! Mais de quelle « oppression » parle-t-on au juste ? De celle qui consiste à refuser d’abandonner à des assassins une partie d’un territoire souverain qui a déjà rétrocédé une grande part d’autonomie a des régions dont l’histoire a toujours été liée ? D’autant que, quitte à faire fulminer certains, le « Pays basque » n’est qu’un concept vague n’ayant jamais constitué dans le passé un territoire uni ou une unité administrative définie.

Que revendiquent donc alors au juste tout ces indépendantistes régionalistes de Navarre et d’ailleurs ? Défendre un patrimoine culturel ? Certains le font très bien par des moyens licites et non-violents que ce soit dans le milieu associatif ou politique. Revendiquer une identité régionale est un droit. Vouloir l’imposer par le sang est un crime !

Et que cherchent ces minorités par leur combat d’un autre temps dans un phénomène de mondialisation, quoi qu’on en pense quoi qu’on en dise, n’a pas que des mauvais côtés ? Se marginaliser ? Car la vérité est que rien ne ressemble plus à un Basque qu’un Andalou, un Castillan ou un Catalan. Et ça l’ETA n’y peut rien. Au pays du grand Cervantès, c’est un euphémisme que de dire que ce groupuscule est un Don Quichotte –l’humanisme en moins, évidemment- des temps modernes luttant –en vain- contre des moulins à vent.

La « destinée d’ETA est de disparaître ». Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, ne croit pas si bien dire. Répression ou oubli, la mouvance basque finira par se perdre dans les méandres de l’histoire. Le plus tôt sera le mieux. Le sang a déjà suffisamment coulé…

Par Hervé Pugi
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Jeudi 6 mars 2008

En tombant dans le piège tendu par le Hezbollah durant l’été 2006, Israël ne s’attendait certainement pas à payer le prix cher le fiasco d’une opération militaire des plus mal conduites. L’état hébreux se retrouve désormais sous la double menace de l’organisation chiite au nord et du Hamas au sud. L’exemple libanais a effectivement fait école et la « résistance palestinienne » a retrouvé foi en la voix des armes.    
« Ce que nous avons appris du Hezbollah est que la résistance est un choix qui paye ». C’est l’aveu très clair de Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, alors que les hostilités sont plus qu’ouvertes à la lisière de la bande de Gaza entre les terroristes et l’armée israélienne. Le groupe sunnite, victorieux lors des élections législatives en janvier 2006, n’aura donc pas pris le temps de goûter bien longtemps à la vie démocratique. La place du Hamas est dans la lutte armée. 
Placé sur la liste noire des groupes terroristes par les Etats-Unis et l’Union européenne, la planche était savonnée d’avance. Le gouvernement formé par Ismail Haniyeh était voué à l’échec. D’une part car cette émanation des Frères musulmans a raté l’opportunité qui lui était offerte de gagner une respectabilité politique en refusant de renoncer aux opérations kamikazes et en ne reconnaissant pas l’existence d’Israël. D’autre part car tout a été fait pour que le Hamas retombe dans la violence armée : arrêt du versement des subventions internationales, attaques israéliennes et coups tordus des vieux rivaux du Fatah du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Bref, le verdict des urnes n’était pas du goût des puissants de ce monde, les électeurs devaient payer pour leur choix et comprendre pour qui voter la prochaine fois. 
La suite de l’histoire est connue. Renversé, le Hamas joue son va-tout et réalise un coup de force dans la bande de Gaza, le 15 juin 2007. Objectif, ouvrir un second front dans la guerre de harcèlement contre Israël, pris dans l’explosif étau Hezbollah/Hamas. Mahmoud Abbas, lui, se retrouve à la tête d’un état, déjà parcellaire, désormais franchement divisé. Il y a la Cisjordanie d’un côté et le « Gazastan » de l’autre. 
Gaza, un furoncle
La bande de Gaza, une épine dans le pied d’Israël ? Pas forcément. Washington –pas avare de plan scabreux- voit dans la situation l’opportunité d’isoler un peu plus le Hamas en transformant en ghetto la bande de Gaza. Le Hamas doit mourir asphyxié, assiégé, maintenu en vie sous respirateur par l’aumône onusienne. Et tant pis pour les populations civiles innocentes. Gaza marginalisé, ne resterait plus qu’à porter sur les fonds baptismaux le futur état palestinien en Cisjordanie. Il sera toujours temps de rattacher la bande pestiférée un peu plus tard.
 
C’était sans compter sur les ressources du Hamas. Dynamitage de la frontière égyptienne, tirs de roquettes sur les colonies voisines, la paix ne se fera pas sans l’organisation intégriste. En poussant Israël à intervenir militairement, sous les huées de la communauté internationale, Ismail Haniyeh et les siens sont sur le pont de faire une nouvelle fois capoter le processus de paix enclenché à Annapolis le 27 novembre dernier. 
C’est que le Hamas sait appuyer là où ça fait mal. Il sait que le gouvernement israélien, affaibli par le fiasco libanais, ne peut faire preuve de faiblesse et tolérer qu’on s’en prenne impunément à ses colonies. L’opinion publique n’accepterait pas. Même problème du côté du Mahmoud Abbas qui ne peut décemment pas fermer les yeux sur le sort des civils « emprisonnés » dans la bande de Gaza, quitte à faire le jeu de ses frères ennemis. Le président de l’autorité palestinienne a d’ailleurs claqué la porte des négociations « jusqu’à l’arrêt de l’agression » israélienne.   
A la Maison Blanche, on déchante. George Bush, qui rêve de quitter le bureau ovale sur un succès international probant, ne sait plus où donner de la tête. Condoleeza Rice –envoyait sur place- tente bien d’arrêter l’incendie sans appeler toutefois à un cessez-le-feu. Les Etats-Unis ne lâchent pas leur allié historique, à qui il accorde le droit de se défendre. 
Pour la secrétaire d’Etat, le processus d’Annapolis aura des « hauts et des bas. Il y aura de bons jour et de mauvais jours, il y aura même des bonnes semaines et des mauvaises semaines ». Voilà qui parait un peu court. Peut-être faudrait-il simplement revoir les plans et accepter l’idée que la cohabitation pacifique de deux états distincts ne saurait se faire sans ce furoncle qu’est Gaza. Les Gazaouïs leur en seront grés ! 

Par Hervé Pugi
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Mardi 4 mars 2008

En descendant Raul Reyes la Colombie n’a pas seulement abattu le numéro deux des FARC. Elle a par le même coup réussi le tour de force de plonger toute l’Amérique du sud au bord de la crise. C’est beaucoup pour un seul homme. Quand bien même celui-ci n’avait rien de fréquentable. Dans la foulée de l’événement, l’esprit chaud des latinos s’enflamme et c’est la grande foire de l’information tout comme de la désinformation. Chacun y va de la sienne. Comme au bistrot… 
D’un côté les FARC affirment que Raul Reyes négociait une rencontre avec Nicolas Sarkozy quand Bogota avance que les rebelles tentaient de se procurer du « matériel radioactif nécessaire à la fabrication d’armes sales de destruction et de terrorisme ». Une thèse soutenue par la Maison-Blanche, qui comme chacun sait a toujours eu un rôle des plus stabilisateurs dans la région. Et surtout, surtout, n’allez pas penser que George Bush soutient son clone Alvaro Uribe juste pour fourrer dans de sales draps Hugo Chavez. Voilà qui ne lui ressemblerait guère !

Le président vénézuélien s’est d’ailleurs –comme par hasard-  attiré les foudres de son voisin colombien. Des ordinateurs portables seraient les seuls survivants de l’opération militaire menée contre la guérilla et ils seraient passés à table. Et, de source gouvernementale « uribienne » (une référence), l’on apprend que Hugo Chavez et son compère équatorien Rafael Correa, un… socialiste, auraient directement financé les FARC. Ce que confirme… Washington. Evidemment.

Tant pis pour les otages…

Le sang du « toni-truand » Hugo n’a fait qu’un tour. L’ambassadeur de Colombie a pris le chemin du retour, derrière lui la frontière s’est renfermée et derrière elle une armée prend position. Rafael Correa, pour sa part, a soudainement ressenti l’indescriptible besoin de prendre l’air. Et une tournée régionale, une ! Le président de l’Equateur a effectivement pris son bâton de pèlerin pour raconter son malheur à qui veut l’entendre. La souveraineté nationale de son pays a été violée par les forces colombiennes et « c’est très grave pour l’Amérique latine, affirme Correa, ce n’est pas un problème bilatéral, c’est un problème régional, si un tel précédent s’installe, nous aurons en Amérique latine un nouveau Moyen-Orient ». Rien que ça ! Et tout cela, il faut le rappeler, par la mort d’un seul homme, Raul Reyes. C’est les rebelles marxistes dans leur jungle qui doivent être contents ! Leur ancien numéro deux a semé la révolution en Amérique du sud !

Pour les otages, en revanche, la mort de cet homme est tout sauf une bonne nouvelle. Pas certain que les Forces armées révolutionnaires de Colombie soient très disposées à parler humanitaire quand plusieurs des leurs –dix-sept au total- se retrouvent six pieds sous terre. D’autant que le quai d’Orsay a bien confirmé un contact avec Reyes avant qu’il ne soit abattu en territoire équatorien. Un contact dont Bogota n’aurait rien ignoré selon Pascale Andreani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Autant dire que tout est à refaire pour la France, qui travaille en concert avec l’Espagne et la Suisse à la libération des otages.

Ce serait d’ailleurs dans ce cadre que le numéro deux des FARC et ses hommes se seraient trouvés en Equateur, selon Rafael Correa. Le président affirme d’ailleurs que les guérilléros étaient sur le point de libérer douze otages, dont Ingrid Betancourt, en ce mois de mars. Là, comme pour le reste, difficile de démêler le vrai du faux. Mais peu importe pour ceux qui restent prisonniers, politiques ou civils, des rebelles marxistes. Pendant que ces puissants messieurs jouent à se faire peur, leur détention reste des plus sordides. Et le pire pour eux est peut-être bien d’être les otages, non seulement des FARC, mais aussi et surtout d’intérêts politiques divers et variés (électoralistes, dogmatiques ou médiatiques)(cf « idée-o » du 28/2 - http://idee-o.over-blog.com/article-17163400.html ) qui les dépassent complètement. Ils risquent en tout cas d’en payer le prix fort…

Par Hervé Pugi
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Lundi 3 mars 2008

Il est loin le temps où Boris Eltsine amusait la galerie. Il faut dire qu’après des années de guerre froide et les Staline, Brejnev ou autre Khrouchtchev, le très ripailleur président russe poussait franchement à croire en l’amitié des peuples de la planète. Même si cela semblait devoir se faire autour de quelques bouteilles…

Le père Boris parti, la Russie donne de nouveau des sueurs froides à la communauté internationale. Et il y a de quoi, l’impassible Vladimir Poutine est de la graine de ceux qu’il vaut mieux avoir dans son camp plutôt qu’en face. Alors quand Vlad joue à « 1, 2, 3, Medvedev », la terre entière retient son souffle et fait en sorte de ne surtout pas bouger le petit orteil. Faut dire qu’il y a des jeux bien plus dangereux que d’autres. En voilà un…

C’est donc animé d’un courage inimaginable que le gratin de la politique mondial a salué la si belle élection de Dimitri Medvedev à la tête de la Russie. De Paris à Washington, en passant par Londres ou Berlin, ce ne sont que de franches félicitations pour le nouveau concierge –pardon, maître- du Kremlin. Il faut dire qu’avec 70,23% des voix, Moscou a assuré l’essentiel sans en faire trop. Un score de république bananière aurait mis mal à l’aise les chancelleries étrangères. Il a bien fallu faire dans l’acceptable. Même si personne n’est dupe. Inconscients, les Tchèques ont bien regretté « des pratiques restrictives » durant les élections. Pas plus.

Il s’agit de ne surtout pas froisser la susceptibilité du colosse russe. Peu importe que l’OSCE ait boycotté le scrutin, peu importe que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ait estimé que l’élection n’a été ni « libre » ni « juste », José Manuel Barroso, le président de la commission européenne lui-même, en est allé de ses « hourras ».

Medvedev invité à Paris

L’ONG Golos, elle, dénonce des bourrages d’urnes et des pressions sur les électeurs. Rien de grave finalement. La mariée est belle et on l’habille en blanc. Tous sont prêts à lui passer la bague au doigt…   Pourquoi également parler les interpellations de dizaines de contestataires à Moscou à la suite de l’élection ? Une bande d’anarchiste sûrement menée par un dangereux champion d’échec Gary Kasparov, que sa seule popularité ne parvient pas même à rendre fréquentable dans les élites occidentales. Aucune indignation non plus quand à la décision de Gazprom –bras armé commercial du Kremlin- de réduire ses livraisons de gaz vers l’Ukraine de 25%. Faut dire que le président du conseil d’administration n’est autre qu’un certain… Dimitri Medvedev. Vous avez dit conflit d’intérêt ?  A Bruxelles, on espère juste que les l’approvisionnement de l’Europe n’en sera pas affecté. Vaillance, quand tu nous tiens !!!

Tout va donc pour le mieux dans ce grand pays qu’est la Sainte-Russie éternelle ! Poutine parti, pas bien loin, tout peut continuer comme avant ! Et Nicolas Sarkozy (celui qui avait dit lors de sa campagne présidentielle : « Moi, je ne suis pas du genre à serrer la pogne de Poutine » lol) de s’empresser de prier Medvedev de « se rendre en visite en France dès qu’il le souhaitera après sa prise de fonctions ».

Certainement pour lui parler du problème des Droits de l’Homme. Nul doute…      

Par Hervé Pugi
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Dimanche 2 mars 2008

C'est en terrain conquis que le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, s'est rendu en Irak aujourd'hui. Alors que les deux géants de la région se sont livrés à une guerre meurtrière durant huit ans qui n'a connu ni vainqueur ni vaincu (mais entre 600000 et 1200000 morts), l'insupportable président iranien a réussi le tour de force "d'envahir" son voisin sans coup férir et en toute tranquillité. Son arme secrète ? L'armée américaine.
Et oui, le meilleur allié de Téhéran a été sans discussion possible George Bush et son administration. Non seulement, l'armée US a liquidé l'ennemi numéro un, Saddam Hussein, mais aussi remis au pouvoir des dirigeants chiites qui sous le régime baasiste n'ont eu de cesse que de trouver refuge... en Iran. 
Mieux, l'occupation américaine du pays, toujours aussi mal vécu par les populations civiles, est un pain béni pour le régime des mollahs qui n'a de cesse de faire la pluie et le beau temps en finançant et armant la résistance irakienne. De ce fait, non seulement Mahmoud Ahmadinejad joue avec les nerfs de Washington mais il manipule à la perfection un voisin qu'il n'a pas intérêt à voir se relever et se développer trop vite. Surtout grâce aux investissements occidentaux. L'Iran est pour l'Irak ce que le Syrie est pour le Liban ou le Pakistan pour l'Afghanistan. Un pouvoir parallèle qui -par la pratique d'une diplomatie souterraine- a autant de pouvoir de décision, mais surtout de nuisance, que les autorités de Bagdad elles-mêmes. 
Quid de l'avenir ?
Alors, il ne faut pas se fier aux beaux discours du leader iranien lorsqu'il souhaite "un Irak puissant, développé et prospère". Un tel avenir pour Bagdad ne dépend que du bon vouloir de Téhéran. M. Talabani, le président de l'Irak, le sait bien. Lui qui a demandé à son ami Mahmoud de l'appeler "Mam", oncle en Kurde. Ahmadinejad aurait pu pour sa part lui demander de l'appeler "Raïs" comme le défunt dictateur Saddam Hussein...
La grande question de cette visite historique est bien de savoir quelle sera l'attitude des dirigeants irakiens lorsque les "occupants" auront libéré la place. Car les jours de l'armée américaine en Irak sont comptés. Une fois Bush rentré dans son ranch texan, il est inimaginable que le nouveau président ne présente pas un plan de retrait rapide de ce bourbier. Les occidentaux partis, quid de l'avenir de l'Irak ? Le pouvoir en place saura-t-il assurer sa souveraineté ou succombera-t-il aux pressions et aux chantages d'un voisin aux dents longues qui nargue la communauté internationale et travaille toujours à se doter de l'arme atomique ?
Autant dire que les prochains mois vont être décisifs pour l'avenir de l'Irak mais pas seulement. Se retirer militairement est une chose, abandonner ce pays en serait une autre. Tourner la page d'un tel conflit du côté de Washington ne doit pas mener à estimer que le livre touche à sa fin. L'histoire de la nouvelle Irak n'en est qu'à son premier chapitre. Il ne faudrait pas que le prochain soit lui aussi écrit d'une plume trempée dans du sang...

 

Par Hervé Pugi
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Jeudi 28 février 2008

C’est la larme à l’œil que les appels en faveur de la libération d’Ingrid Betancourt se succèdent. De la part de sa famille évidemment mais des milieux politiques de toute part également. Il est vrai que les dernières nouvelles arrivées de la jungle colombienne n’ont pas été des plus rassurantes. La ressortissante franco-colombienne serait au plus mal, amoindrie par une hépatite B chronique. Du coup la mobilisation générale est lancée entre appels au FARC et prières envers le président Uribe.

Il faut sauver le soldat Betancourt, c’est une évidence. Tout le monde en convient. Les grands de ce monde s’y emploient. Même les petits. Ainsi, le président Sarkozy est prêt à se rendre lui-même à la frontière vénézuelo-colombienne pour récupérer l’otage. Hugo Chavez, un ami politiquement si différent du chef de l’Etat et pourtant si proche en terme d’image, a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour récupérer la détenue la plus médiatique au monde.

Mais voilà six ans maintenant qu’Ingrid Betancourt est retenue par les FARC. Six longues années où ses enfants se sont battus pour sa libération. Six longues années que les négociations doivent avoir lieu. Six longues années d’une diplomatie pour le moins stérile. Les récentes libérations d’otage doivent plus au réseau Chavez qu’à toute autre action. Et l’on est en droit de se demander ce qui pendant six ans à pu se passer en coulisse lors des négociations.

« Le martyre imposé à Ingrid Betancourt, c’est le martyre qu’ils imposent à la France » s’est osé Nicolas Sarkozy. La formule est bonne. Il n’empêche qu’en six longues années de martyre, la France de Chirac, puis de Sarkozy, ne sont arrivés à rien dans ce dossier. Le président de la République avait fait le « rêve » de voir l’ancienne candidate à la présidence colombienne retrouver sa famille pour les fêtes de fin d’année. Le chef de l’Etat sait aujourd’hui –s’il l’ignorait- qu’il y a un monde entre le rêve et la réalité.

Tous derrière les faux-culs…

Il faut arrêter de croire que les FARC sont des révolutionnaires romantiques empreints de justice et de liberté. Ils sont tout au plus une bande de trafiquants de drogue et de guérilléros désœuvrés refusant de jouer le jeu de la démocratie et de la révolution des mentalités. En appeler à la bonté de tels hommes n’a pas de sens. Ingrid Betancourt ne retrouvera la liberté que si les FARC y voient leur intérêt. De son côté, le gouvernement corrompu de Bogota ne tient pas spécialement à voir sortir de la jungle ce symbole de  l’opposition à Uribe. Bien trop de risques politiques. Il ne faut donc pas trop s’attendre à ce que le président colombien exécute un revirement complet de sa politique pour la dénommée Ingrid. D’autant que Washington, le seul à pouvoir réellement faire pression, ne semble pas des plus concernés par la question. Le problème pour la Maison-Blanche, c’est la drogue. Pas les otages.

Hugo Chavez, lui, est trop heureux de jouer les premiers rôles. Intronisé « Bête noire » des Américains depuis le retrait de Fidel Castro, le Vénézuélien prend la posture du bienveillant protecteur de tous. Autant des FARC, dont il se sent proche, que des détenus qu’il s’emploie à libérer. Récupérer Ingrid Betancourt serait un laissez-passer à vie (ou presque) dans les sphères diplomatiques internationales. Pour Nicolas Sarkozy, sans remettre en cause la sincérité de son engagement, la libération de la franco-colombienne serait une aubaine médiatique à l’heure où sa cote de popularité est en chute libre. Le président, depuis son élection, a fait de ce dossier une priorité. Il s’y est investi comme rarement un homme politique s’est engagé. Echouer serait un échec personnel pour le chef de l’Etat mais aussi pour l'image de la France dans le monde. Voix désormais bien fluette dans le concert des nations.
Autant dire que le destin d'Ingrid Betancourt est entre de « bonnes » mains

Mais peu importe qu’un méchant passe pour un gentil et un hypocrite pour un sauveur, les querelles doivent parfois cesser face à l’intérêt d’une personne, d’une famille. Il sera bien temps après pour nous de tirer à vue lors du bal des faux-culs qui suivra inexorablement…

Rendez-vous est pris.       

Par Hervé Pugi
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Mardi 26 février 2008

L’Union Méditerranéenne est mort-née. Difficile de dire s’il faut s’en réjouir ou la pleurer. C’est que depuis son évocation par Nicolas Sarkozy lors d’un discours le 7 février 2007 à Toulon, ce projet n’a éveillé que doute et incrédulité. Aussi bien sur les rives de la méditerranée que du côté de Bruxelles. L’idée, portée par le conseiller spécial du chef de l’Etat, Henri Guaino, a notamment fait frémir d’horreur le partenaire allemand. C’est que le candidat Sarkozy, devenu président, avait vu les choses en grand. Exemple du fameux discours varois : « L’Union de la Méditerranée pourrait s’organiser autour d’une rencontre périodique de ses chefs d’Etats et des gouvernements comme les grands pays industrialisés ont leur G8. Elle aurait un Conseil de la Méditerranée comme l’Europe a le Conseil de l’Europe ».

Un parallèle qui a fini par irriter Berlin devant le travail de lobbying de l’Elysée. Faire cohabiter une union à côté d’une autre, voilà une sale idée à quelques encablures de la présidence française de l’Union européenne. Alors plutôt qu’affronter une nouvelle tempête, le président de la République préfère reculer.
Il faut dire que même dans le bassin méditerranéen, l’enthousiasme des pays concernés n’a pas été des plus débordantes. Rabat et Alger ont fait la grimace quand Israël ne voulait pas avoir à faire avec ce grand « machin ». Du côté d’Ankara, on a flairé le piège. L’Union méditerranéenne ne saurait être une alternative à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Les diplomates français se sont voulus rassurants sur ce point. Il n’empêche que le candidat Sarkozy n’avait pas la même approche il y a tout juste un an.

Le "Processus de Barcelone" ? Connais pas...
Pour rappel : « C’est dans la perspective de cette Union Méditerranéenne qu’il nous faut envisager les relations de l’Europe et de la Turquie (…). La Turquie n’a pas sa place dans l’Union européenne parce qu’elle n’est pas un pays européen. Mais la Turquie est un grand pays méditerranéen avec lequel l’Europe méditerranéenne peut faire avancer l’unité de la Méditerranée. C’est la grande ambition commune que je veux proposer à la Turquie. »  Raté…

Même dans les rangs du gouvernement, les dents grinçaient. Ainsi, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, avait lui-même averti : « nous devons veiller à ne prendre aucune décision stratégique sans que tous nos partenaires ne soient associés ».

Ce qu’avaient bien compris Espagnols et Italiens qui, favorables à l’idée, n’ont cessé d’œuvrer pour que l’UE soit pleinement impliquée dans le dossier.

Seule face à tous, la France recule et fait illusion : il n’y aura pas d’Union Méditerranéenne, certes, mais une « Union pour la Méditerranée », « un glissement sémantique qui n’est pas neutre » selon Jean-Pierre Jouyet. Comprenne qui pourra !

La grande ambition présidentielle de Nicolas Sarkozy tourne au fiasco et on peut prédire à la nouvelle « Union » un futur aussi glorieux que l’obscur « Processus de Barcelone » qui depuis 1995 vogue dans le brouillard le plus total, une large partie du grand public ignorant même jusqu’à son existence.

L’Union Méditerranéenne est morte, vive l’Union pour la Méditerranée ?

Bein, non, en fait, tout le monde s’en fout…

Par Hervé Pugi
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