Partager l'article ! « Au secours, la France nous aide ! »: Un mot traverse comme une trainée de poudre le monde arabo-musulman : « dégage ! ...
Un mot traverse comme une trainée de poudre le monde arabo-musulman : « dégage ! » Certains verront dans la popularité nouvelle de ce terme, un grand succès de la diplomatie française. Notre cher président, visionnaire, a semble-t-il fait des émules. Son « casse-toi pauv’con » prononcé en marge du salon de l’Agriculture du 23 février 2008 aura mis trois ans à traverser la Méditerranée pour déclencher insurrections sur insurrections au Maghreb et au Moyen-Orient. C’est en tout cas ce que certains ne tarderont pas très prochainement à nous expliquer. Les mêmes qui, il n’y a pas si longtemps que cela, nous expliquaient le rôle positif de la colonisation et voulaient légiférer sur le sujet…
Les affres de la diplomatie sont telles que quand les uns s’en vont, le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, lancer sans sourciller que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’autres vont à l’Université du Caire (4 juin 2009) pour proclamer que « le gouvernement du peuple, par le peuple établit une norme unique. » On ne revient pas sur la suite des événements…
Comme quoi, la France n’a pas besoin de 22 gars calfeutrés en survêtements dans un bus, pendant que leur entraîneur lit un communiqué devant la presse, pour se ridiculiser en terre africaine. Porteurs de grandes valeurs, la diplomatie tricolore exporte aujourd’hui son humour aux quatre coins du berceau de l’Humanité. Qui a oublié Nicolas Sarkozy, pointant son petit doigt menaçant, proclamant avec fermeté que Laurent Gbagbo devait partir « avant la fin de la semaine » ? Pour mémoire, l’ultimatum date du 17 décembre 2010. Woody de Mama en rigole toujours du haut du balcon de son palais présidentiel…
Heureusement, dans ce dossier, la Gauche française a sauvé la face. Garant de la glorieuse histoire de notre nation, Roland Dumas –ancien ministre des Affaires étrangères de l’ère Mitterrand- est allé apporter son soutien au Président sortant (qui n’en finit plus de sortir…) avec son acolyte Jacques Vergès, avocat spécialisé dans l’indéfendable, en manque de médiatisation dernièrement. Nostalgie quand tu nous tiens… (Françafrique, mon amour !)
Cette parenthèse ivoirienne fermée, revenons aux derniers événements. Il serait déplacé de reprocher à nos dirigeants de tous horizons de ne pas avoir prévu l’imprévisible, il serait redondant de leur jeter au visage la tiédeur de leur appui à des manifestants épris de liberté et de démocratie. En revanche, il est bienvenu, pour ne pas dire salutaire, de les prévenir d’un nouveau risque qui guette notre classe politique. Ici où là, dans les médias, voici que nos responsables déclament leur amour pour ce « Printemps des peuples » (formule pour le moins mal choisie en plein hiver) et leur désir d’apporter leur pierre à la construction de ces démocraties en devenir. Voilà qui serait assurément un coup dur pour l’Egypte et la Tunisie...
Heureusement, la Diplomatie française –officielle ou pas- n’a qu’une parole qu’elle s’empresse habituellement de trahir ! Mais dans ce monde nouveau qui s’ouvre à nous, chers amis de l’autre côté de la Méditerranée, si la France devait s’entêter dans cette étrange volonté de venir vous apporter son soutien, serrez les rangs et d’une seule et même voix -de Rabat à Damas, en passant par Alger, Tunis ou Tripoli- écriez-vous : « Dégage ! »
Vous l’entendez si souvent aux portes de nos consulats, non ?
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